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Vous connaissez Philippe Murer ? Un ancien trader qui a su prendre un peu de recul et analyser froidement la situation politique, économique et sociale. Cette interview résume pas mal ses idées revigorantes:

- Nous sommes arrivés au terme de la logique Démocratico-libéralo-capitaliste. Un autre monde arrive.

- Nos régimes politiques ne sont pas adaptés pour soutenir ces changements.

- L’euro tel qu’il est va bientôt mourrir.

- La décroissance économique comme programme politique n’est pas soutenable

- un meilleure utilisation des ressources naturelles est un impératif

- Le libéralisme économique est une machine à broyer les sociétés est n’est pas appelé à durer

- D’ici 2015 ce sera la révolution du fait de la crise sociale aux US, en Europe, en Chine etc…

- Les jeunes doivent se préparer à de nouvelles formes d’engagement politique.

- Ce n’est pas par l’individualisme qu’on sauvera ce monde mais par plus de coopération.

c’est de la bombe !

si après ça les pantoufles ne se mettent pas à bouger, je ne sais pas ce qu’il faut faire….

- Le risque systémique est faramineux pour la france.

- les banques françaises se moquent du monde.

- Les députés n’ont rien fait pour protéger les français.

Résumé d’une interview récente d’Olivier Berruyer sur la crise…de loin la plus profonde et la plus claire des explications qu’il ne m’est jamais été donnée de lire.

Pouvez-vous présenter rapidement votre parcours, votre blog et vos livres ?

Je suis actuaire, responsable du calcul des risques financiers. chroniqueur et écrivain

Quels sont les causes de la crise.

Il y a plusieurs crises, nous sommes en pleine mutation qui sonne la fin de la prédominance des pays occidentaux. Nous sommes entré dans une panne de croissance probablement définitive. De 1960 à nos jours la croissance par habitant décroit constamment. Depuis 2007, nous sommes à 3% par ans. La décroissance ne fait plus débat.

Il y a quand même beaucoup de secteurs prometteurs pour l’avenir: nanotechnologies, biotechnologies, etc.

En effet il y a toujours des gains de productivité mais le pouvoir d’achat ne suit pas donc croissance faible donc destruction emploi. La relance keynésienne, ça marche jusqu’à ce que les marchés arrêtent de prêter de l’argent.

Depuis 2007 plusieurs analystes prédisent un effondrement économique et financier imminent mais pour le moment, le système tient bon…

On ne sait pas ce qu’il se passe car c’est un phénomène nouveau. Mais il faut avoir conscience que nous jouons à la roulette russe en permanence et le problème à ce jeu là c’est que quand on perd, on perd tout. Nous sommes au bord du gouffre et on continue à jouer. La sécurité financière doit être mise au même niveau que la sécurité nucléaire. Pendant ce temps, les banques jouent au Casino avec la bénédictions des régulateurs. Il faudrait pourtant regarder si le croupier n’est pas de mèche avec le client. L’Etat n’est pas là pour donner des garanties publiques aux bonus des traders !!

La crise actuelle n’est elle pas aussi due au secteur financier, qui est devenu un prédateur de l’économie réelle ?

Depuis années 80, on a créé une industrie quasi frauduleuse qui met à mal l’économie réelle. Certains actionnaires vampirisent les entreprises, c’est la perversion du capitalisme. Il n’y plus d’affectio societatis Il faudrait au moins pouvoir privilégier l’actionnaire de long terme. Un Bébéar a la même analyse. La marxisme a peut être eut raison en prédisant que le capitalisme allait s’autodétruire.

Mais on vous dira que si vous mettez trop de réglementations, les investisseurs vont quitter la France…

On a besoin d’investisseurs, pas de spéculateurs. Un problème de mettre des règles ? Cela rendrait le marché moins liquide ? je ne vois pas le problème avec ça ou bien qu’on me dise intérêt de permettre d’acheter et de vendre au millionième de seconde. Dans les années 80 les cours étaient fixées une fois par jours, c’était presque déjà trop, aujourd’hui on en est à coter au millionième de seconde. Une action ce n’est pas un jeton de casino. C’est aussi un risque d’entretenir des délits d’initiés.

Peut-on faire un lien entre cette dérégulation et l’idéologie issue de mai 68, il est interdit d’interdire ?

Vouloir toujours plus de droit c’est beau mais à un moment il faut voir qu’il y a aussi des devoirs. Sans vouloir paraitre avoir un discours excessif sur mai 68 il faut bien voir que nous sommes en train de vivre les derniers spasme de cette idéologie là. Un banquier n’est pas un spéculateur. Il faut des équilibres là dedans. 1989 a mis fin l’ère de la négation de la liberté pour l’absolutisation de l’égalité, nous sommes en train de vivre la fin de l’ère de la négation de l’égalité au profit de l’absolutisation de la liberté. on vit aussi un crise du “court-thermisme.”  c’est valable dans la finance mais aussi pour ce qui est de l’énergie. La problème c’est que lorsque la nature trouve des solutions naturelle ce n’est jamais très agréable.

Certains analystes prévoient un effondrement depuis quelques années, mais peut-on vraiment savoir avec précision quand cela va arriver ?

ça viendra forcément car le truc n’est pas durable. Mais il est impossible de prédire quand l’intelligence viendra au crétins. tant qu’il y a des gens pour jouer ça va continuer. le problème c’est que plus ça dure, plus ça va être dure. a ce stade, ce n’est plus de l’économie, c’est de la psychologie. On est dans un champs de nitroglycérine et il y a des gens qui secouent partout. certainement pas plus de trois ans…on voit très bien comment le système est en train de se vérolé.

Certains économistes keynésiens comme Krugman plaident pourtant pour des plans de relance, via des déficits contracycliques de l’Etat…

Moi je ne pense pas que l’économie n’est pas récupérable l’horizon de deux ou trois ans. Nous sommes sur un cycle de probablement 50 ans. austérité ou pas, à un moment donné les prêteurs vont arrêter de prêter de l’argent. après c’est un débat politique mais pas économique. le système ne tient plus que par la banque centrale américaine, mais l’hégémonie du dollar pose des problèmes au monde entier, ça ne va pas durer.

Pensez-vous qu’on va assister à une montée en puissance des pays émergents dans les prochaines années ?

Difficile à dire, pas d’exemple dans l’histoire. Il faudrait arriver à équilibrer les échanges. ce sont les déséquilibres qui ont lancé ces problèmes du dollars. Il faut un équilibre des échanges commerciaux car sinon ça va faire mal, keynes en avait déjà parlé. L’excédent est malsain avait-il dit, c’est suicidaire, ça va détruire le système. c’est aux pays excédentaires de faire des efforts.

Mais cela ne reviendrait-il pas à tirer l’Allemagne vers le bas économiquement ?

Ce qu’il faut faire c’est augmenter le salaire des Allemands. Si il ne sont pas d’accord, ils récupèrent le mark. il vaut mieux éviter de faire une monnaie uniquement avec eux ou bien s’assurer que les termes du contrat sont très clair. c’est celui qui fait des excedent sur la balance qui doit faire des efforts.

L’Allemagne a une démographique très différente de la notre.

En effet, nos deux pays sont très différents. Il est temps d’en tenir compte. Vouloir états unis d’Europe c’est une utopie, ce serait parier sur la maison pour sauver le garage. La monnaie uniquement n’est plus qu’un symbole politique qui n’est plus de réalité économique. pas d’inflation sur les biens de consommation mais les prix de l’immobilier ont doublés…

Pourquoi l’Europe ne pourrait-elle pas aller vers davantage de fédéralisme pour sauver l’Euro ?

Allez faire un référendum sur l’Europe en posant la question: est-ce que vous êtes d’accord pour augmenter vos impôts pour payer la dette de la Grèce ! je doute que le résultat soit plus de 50%. On parle de coopération alors que les états de l’union sont en guerre économique depuis 30 ans. ça va être douloureux mais il faut que l’Allemagne sorte de l’euro.

Pour résumer, l’Euro ne peut pas marcher parce qu’il n’existe tout simplement pas de nation européenne ?

Le fait d’avoir la monnaie uniquement s’oppose au fait d’avoir des parlements nationaux. est-ce qu’on veut vraiment de ça ? c’est plus possible. si les pays ont du mal à faire de la coopération entre leurs régions, pourquoi ça marcherai au niveau européen. Nous sommes dans une génération individualiste faut vivre avec. L’union européenne est morte dans les années 80. Ils se disputent en ce moment pour baisser le budget de l’Europe alors qu’il ne fait que 1% comparé à 25%. On ne peut pas avoir les avantages de l’Europe sans en avoir les inconvénients.

Pourquoi ont-ils décidé de faire monnaie unique ?

Pour faire une monnaie il suffit d’être d’accord. mais il faut bien voir que cela ne règle pas les intérêts divergents. L’économie c’est toujours simple…la réalité, c’est parfois autre choses. Les chiffres ne disent pas tout.

Croyez vous en des révoltes possibles en Europe pour les prochaines années ?

Il y a des fragilités en france et Angleterre. Je pense que ces choses là seraient plus une conséquence qu’un déclencheur. Les capacités d’acceptation des peuples sont variées, peut être plus résilient en tout cas que le système financier et bancaire. En ce moment c’est un miracle permanent que le système tienne encore.

Que conseillers aux banquiers et financiers ?

La plupart sont honnête mais le système est vicié. Il serait plus sain que ces jeunes là soient occupés à des choses plus utiles. Il faut d’urgence diminuer les rémunération du secteur financier. Toute cette crise est logique somme toute. Il faut se remettre à interdire certaines choses. La plupart l’ont très bien compris de toutes les façons,  il veulent en profiter avant que tout ça s’écroule.

Pour conclure, vous affirmez donc qu’il y aurait des solutions pour éviter un effondrement financier, mais que tout est bloqué politiquement…

On est sur un bateau, l’iceberg est devant, le commandant ne veut pas tourner…que peut-on faire ? tous dans les canots les amis…mais soyons rassuré le rebond va bien se passer…ça va même être très intéressant. La génération aux commandes actuellement aura quand meme réussi à ramener la préhistoire économique en moins de 20 ans. cela reste un exploit dans les anales. Nous vivons la fin d’un monde.

Paul Jorion était sur France Culture il y a deux jours. Comme toujours, son diagnostic est désespérant. Le problème c’est que ses prophéties se réalisent chaque année un peu plus. A la question de savoir ce qu’il faut faire, il a pour seule réponse d’inciter à penser le futur autrement.

"Il est urgent de penser à la suite, il faut casser la machine à produire une aristocratie"

Dans cette interview, j’ai aussi découvert cette notion du “Culte du Cargo"…à creuser.

Vite une taxe sur les transactions financières

J’ai du mal à y croire, voici qu’un président d’Hedge fund disait hier au Financial Times qu’il fallait que l’europe se dote d’une taxe sur les transactions financières.

David Harding, le patron et fondateur de Winton Capital (26 milliards de dollars d’actifs), estime ainsi qu’il est« favorable à une faible taxe si une partie de ses recettes étaient destinées au financement de la réglementation supranationale ». Il estime qu’elle heurterait les banques et les marchés mais pas les « hedge funds » de façon disproportionnée. Celui qui finance pourtant le parti tory ajoute qu’il est « surpris du degré auquel l’Autorité des services financiers (FSA) et le Trésor britannique agissent comme des lobbys pour l’industrie financière ». Pour lui, « il y a une trop grande tendance à tout voir comme un complot contre les Britanniques ; tout le monde dans les services financiers est un grand eurosceptique ». Ses propos interviennent au moment où Londres et Berlin s’écharpent sur cette taxe, « une balle en plein coeur de Londres », selon George Osborne, le chancelier de l’Echiquier. Les financiers britanniques sont convaincus qu’il s’agit de ponctionner la City pour recapitaliser les banques de la zone euro.

lesecchos

Donc si je comprends bien:

  • Les peuples sont POUR
  • Le parlement européen est POUR
  • La commission Européenne est POUR
  • Les Hedges Fund sont POUR

Question: Qu’est-ce qu’on attend pour instituer une taxe sur les transactions financières ?

Va-t-il se passer quelque chose ?

BFM en perd son latin, ils ne savent plus par quel bout aborder cette crise.

C’est d’abord Nicolas Doze qui affirme que l’euphorie des marchés d’hier qui indique que “quelque chose va se passer”.

Et ensuite Olivier Delamarche qui pète littéralement un cable pour dire que ça y est, c’est fini, GAME OVER, on vient de tomber dans le précipice, il n’y a qu’à espérer qu’on soit bien accroché à l’élastique.

Ben moi quand j’entends ça sur BFM, je me dis que Lordon va bientôt passer au JT.

Ah j’oubliais il y a aussi cette émission Cdansl’air ici

Si l’Allemagne ne trouve pas moyen de se refinancer, qui peut y arriver ?

Voilà, en substance, la question posée par Nicolas Doze dans son émission “Les experts” d’hier sur BFM radio. A partir de cette question, les invités débatent sur le sort de la France et de l’Europe dans le contexte de crise économique et politique. L’info qui a fait démarrer le sujet c’est que la semaine dernière l’Allemagne n’a pas réussi à se refinancer sur les marchés. Or, aujourd’hui l’Italie et demain la France doivent impérativement aller chercher de l’argent sur les marchés. Le pire est donc à craindre.

Les problématiques soulevées par les “experts” invités, auraient dû être posé depuis plus de 10 ans. Par lâcheté ou par erreur, les hommes politiques ont toujours refusé de voir la vérité en face. On risque aujourd’hui de le payer cher.

Petit résumé: le concept d’Union Européenne n’a aucune réalité politique, économique ou sociale. Il a juste servi de paravent au laxisme des Etats.

Comme le dit un des intervenants:

Les hommes politiques qui ont accepté d’endetter notre pays à ce point tout en construisant une europe fictive sont ABSOLUMENT irrecevables à venir se présenter devant le suffrage universel

Avec cette phrase, je crois que tout est dit !

Soit dit en passant, mis à part Bayrou et Lepage je ne sais pas qui avait clairement entrevu l’impasse dans laquelle nous nous sommes fourvoyés.

Crise de l'Euro, Crise de l'Europe

Voici un extrait de l’article..très intéressant ce détour par Nietzsche:

Dans la deuxième dissertation de La Généalogie de la morale, Nietzsche comprenait l’économie primitive de type créancier/débiteur comme l’éducation à la responsabilité de celui qui sait compter et sur lequel on peut compter, car nous ne pouvons pas vivre tout le temps à crédit… Or nous ressemblons aujourd’hui à ces adolescents révoltés qui découvrent que les choses ont un prix et qu’il faut payer… Nul ne peut être l’unique créancier de tous, nul ne peut être seul débiteur ou obligé de tous. L’interdépendance engage une responsabilité commune et justifie un comportement coopératif en disqualifiant par avance toute attitude individualiste de repli sur ses intérêts privés. Relisons La Généalogie de la morale.

Y-a-il un pilote dans l’avion ?

Rarement dans l’histoire un effondrement aussi prévisible, documenté et commenté aura été aussi faiblement anticipé par l’action publique. Comme le dit Nicolas Hulot:  

"La société dans laquelle on est ressemble à une espèce d’avion de ligne où tous les voyants seraient au rouge dans le cockpit pendant qu’à l’arrière on continue à boire le champagne ou à se quereller."
émission “Mots Croisés” juin 2002

Ce que Nicolas Hulot n’avait pas anticipé à l’époque c’est que le pilote en personne puisse un jour faire défaut. Ce qui est arrivé jeudi dernier à un vol commercial de la Delta (Lepost.fr) illustre particulièrement bien la séquence des évènements qui se nouent en ce moment dans les pays occidentaux. 

Tandis que nos économies partent à vaux l’eau, que les pays s’enfoncent chaque mois un peu plus dans la crise et que les révoltes grondent un peu partout, nos hommes politiques continuent à s’étriper sur des débats d’un autre age ou se félicitent de leurs actions efficaces feignant de croire à leur pouvoir réel.

Il est surprenant de constater le décalage entre les interrogations fondamentales, voir le pessimisme, des experts face aux certitudes de comptoir affichées par les hommes politiques.

Limitons notre “étude” au cas de l’économie (il serait trop long d’évoquer tout le reste), voici trois débats captés récemment sur les ondes qui illustrent singulièrement ce contraste.

L’avis des experts

Tout d’abord Jacques Attali (dont le spleen s’aggrave mois après mois), pour lui, la crise et même encore plus grave qu’on ne pense ! La France a déjà perdu son triple A puisque nous n’empruntons pas au même taux que l’Allemagne.



Autre exemple: Dans l’émission l’économie en question, une petite dizaine d’économistes (tous chercheurs émérites - on est sur France Culture !) commentent chaque semaine à tour de rôle l’actualité économique. Habituellement optimistes, ils sombrent en ce moment dans le pessimisme le plus déprimant, ils s’interrogent sur les possibilités qu’ont les pays de l’OCDE encore à tirer leur épingle du jeux (cf l’émission de dimanche dernier ainsi que celle du dimanche précédent).

Voir aussi: http://atterres.org/ et les travaux de Stieglitz

Le discours des politiques

Dans ce débat télévisé, Pierre Laurent (PC) et Hervé Novelli(UMP)  se sont étripés sur le thème: “Emploi, va-t-on vers le pire ?”. Le père de l’auto-entreprenariat a sorti sa vulgate libérale la plus basique face à l’un des derniers dinausores de la dialectique historique et de la dictature du prolétariat. On croirait entendre le débat des théologiens byzantins sur le sexe des anges en plein siège de leur ville. 

Qu’on se le dise: augmenter les salaires ou favoriser la croissance, sont deux débats d’un autre age ! Il n’y aura PAS de croissance donc, il n’y aura PAS d’augmentation de salaire, c’est mathématique. Face à cette réalité, soit on manifeste et on attend que ça vienne (façon “Indignés”), soit on apprend à vivre mieux avec moins.

La réalité est que nos sociétés sont dans une impasse INQUALIFIABLE, car notre monde est devenu trop complexe. Cette complexité a été rendue possible par un énergie abondante et pas chère, maintenant que les prix se sont envolés, toute réforme est devenue hors de prix et donc hors de porté (ex: le coût du nucléaire), à l’avenir, les innovations majeures viendront des pays émergeants.

Aujourd’hui les contraintes sont énormes et pèsent d’une façon démesurée sur la puissance publique. En plus, du fait de la durée de cette crise économique, les ressorts idéologiques, économiques et politiques de notre civilisation occidentale sont sapés dans leurs fondements.  Résultat, les hommes politiques sont désorientés tout autant que les électeurs.

Entre le Portugal, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande, la Grèce, l’Italie, les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, le Japon, il n’est pas un seul gouvernement de l’OCDE qui ne soit pas actuellement malmené politiquement. Faute de pouvoir rendre compte du réel de façon claire, les partis traditionnels se font doubler par leurs extrêmes. Les idées les plus simplistes trouvent un écho au sein de la population. Tout cela n’augure rien de bon.

Je me demande même si le refus catégorique de l’Allemagne d’une plus grande intégration européenne, n’est pas directement liée à ce diagnostic. En effet, qui mieux qu’une Allemande de l’Est peut comprendre les effets d’une récession grave ? Même si je le déplore, l’Allemagne ne mise clairement pas sur un hypothétique Etat Européen pour parer aux difficultés qui s’annoncent et la France ferait bien de le comprendre pour ne pas être le cocu de l’affaire.

Une chose est sûre, l’orage ne passera pas sans faire de gros dégâts, on entre dans une phase de longue depression. Comme disait récemment Cécile Duflot sur twitter…

On met son gilet et son casque, ça va secouer !

A propos de la crise, je viens de voir que l’émission “Du Grain à Moudre” avait programmé pour mardi le thème: la crise vient-elle de rattraper l’économie réelle ?, J’ai envie de dire: la question fait-elle encore débat ?

L’innovation suffira-t-elle ?

Scientific and technological discovery and innovation are the major engines of increasing productivity and are indispensable to ensuring economic growth, job creation, and rising incomes for American families in the technologically driven 21st century

Steven Chu, US Secretary of Energy

Il n’y a pas de dogme plus profondément ancré dans nos sociétés occidentales que celui de l’innovation comme moteur de la productivité. L’actuel secrétaire d’Etat américain de l’Energy, également prix nobel de physique, en a fait son crédo, pourtant, qu’est-ce qui pousse véritablement la croissance des pays occidentaux ?

Comment ne pas voir que depuis 30 ans, c’est surtout l’immobilier, la finance et les délocalisations qui ont entrainé la croissance du pouvoir d’achat ?

Comment ces trois secteurs pourraient se maintenir avec un prix du pétrole 3 fois plus élevé ?

Il est temps que les hauts responsables politiques en prennent conscience.