Paul Jorion était sur France Culture il y a deux jours. Comme toujours, son diagnostic est désespérant. Le problème c’est que ses prophéties se réalisent chaque année un peu plus. A la question de savoir ce qu’il faut faire, il a pour seule réponse d’inciter à penser le futur autrement.
“Il est urgent de penser à la suite, il faut casser la machine à produire une aristocratie”
Dans cette interview, j’ai aussi découvert cette notion du “Culte du Cargo“…à creuser.
J’ai du mal à y croire, voici qu’un président d’Hedge fund disait hier au Financial Times qu’il fallait que l’europe se dote d’une taxe sur les transactions financières.
David Harding, le patron et fondateur de Winton Capital (26 milliards de dollars d’actifs), estime ainsi qu’il est« favorable à une faible taxe si une partie de ses recettes étaient destinées au financement de la réglementation supranationale ». Il estime qu’elle heurterait les banques et les marchés mais pas les « hedge funds » de façon disproportionnée. Celui qui finance pourtant le parti tory ajoute qu’il est « surpris du degré auquel l’Autorité des services financiers (FSA) et le Trésor britannique agissent comme des lobbys pour l’industrie financière ». Pour lui, « il y a une trop grande tendance à tout voir comme un complot contre les Britanniques ; tout le monde dans les services financiers est un grand eurosceptique ». Ses propos interviennent au moment où Londres et Berlin s’écharpent sur cette taxe, « une balle en plein coeur de Londres », selon George Osborne, le chancelier de l’Echiquier. Les financiers britanniques sont convaincus qu’il s’agit de ponctionner la City pour recapitaliser les banques de la zone euro.
Donc si je comprends bien:
Question: Qu’est-ce qu’on attend pour instituer une taxe sur les transactions financières ?
BFM en perd son latin, ils ne savent plus par quel bout aborder cette crise.
C’est d’abord Nicolas Doze qui affirme que l’euphorie des marchés d’hier qui indique que “quelque chose va se passer”.
Et ensuite Olivier Delamarche qui pète littéralement un cable pour dire que ça y est, c’est fini, GAME OVER, on vient de tomber dans le précipice, il n’y a qu’à espérer qu’on soit bien accroché à l’élastique.
Ben moi quand j’entends ça sur BFM, je me dis que Lordon va bientôt passer au JT.
Ah j’oubliais il y a aussi cette émission Cdansl’air ici

Si l’Allemagne ne trouve pas moyen de se refinancer, qui peut y arriver ?
Voilà, en substance, la question posée par Nicolas Doze dans son émission “Les experts” d’hier sur BFM radio. A partir de cette question, les invités débatent sur le sort de la France et de l’Europe dans le contexte de crise économique et politique. L’info qui a fait démarrer le sujet c’est que la semaine dernière l’Allemagne n’a pas réussi à se refinancer sur les marchés. Or, aujourd’hui l’Italie et demain la France doivent impérativement aller chercher de l’argent sur les marchés. Le pire est donc à craindre.
Les problématiques soulevées par les “experts” invités, auraient dû être posé depuis plus de 10 ans. Par lâcheté ou par erreur, les hommes politiques ont toujours refusé de voir la vérité en face. On risque aujourd’hui de le payer cher.
Petit résumé: le concept d’Union Européenne n’a aucune réalité politique, économique ou sociale. Il a juste servi de paravent au laxisme des Etats.
Comme le dit un des intervenants:
Les hommes politiques qui ont accepté d’endetter notre pays à ce point tout en construisant une europe fictive sont ABSOLUMENT irrecevables à venir se présenter devant le suffrage universel
Avec cette phrase, je crois que tout est dit !
Soit dit en passant, mis à part Bayrou et Lepage je ne sais pas qui avait clairement entrevu l’impasse dans laquelle nous nous sommes fourvoyés.
Voici un extrait de l’article..très intéressant ce détour par Nietzsche:
Dans la deuxième dissertation de La Généalogie de la morale, Nietzsche comprenait l’économie primitive de type créancier/débiteur comme l’éducation à la responsabilité de celui qui sait compter et sur lequel on peut compter, car nous ne pouvons pas vivre tout le temps à crédit… Or nous ressemblons aujourd’hui à ces adolescents révoltés qui découvrent que les choses ont un prix et qu’il faut payer… Nul ne peut être l’unique créancier de tous, nul ne peut être seul débiteur ou obligé de tous. L’interdépendance engage une responsabilité commune et justifie un comportement coopératif en disqualifiant par avance toute attitude individualiste de repli sur ses intérêts privés. Relisons La Généalogie de la morale.

Rarement dans l’histoire un effondrement aussi prévisible, documenté et commenté aura été aussi faiblement anticipé par l’action publique. Comme le dit Nicolas Hulot:
“La société dans laquelle on est ressemble à une espèce d’avion de ligne où tous les voyants seraient au rouge dans le cockpit pendant qu’à l’arrière on continue à boire le champagne ou à se quereller.”
émission “Mots Croisés” juin 2002
Ce que Nicolas Hulot n’avait pas anticipé à l’époque c’est que le pilote en personne puisse un jour faire défaut. Ce qui est arrivé jeudi dernier à un vol commercial de la Delta (Lepost.fr) illustre particulièrement bien la séquence des évènements qui se nouent en ce moment dans les pays occidentaux.
Tandis que nos économies partent à vaux l’eau, que les pays s’enfoncent chaque mois un peu plus dans la crise et que les révoltes grondent un peu partout, nos hommes politiques continuent à s’étriper sur des débats d’un autre age ou se félicitent de leurs actions efficaces feignant de croire à leur pouvoir réel.
Il est surprenant de constater le décalage entre les interrogations fondamentales, voir le pessimisme, des experts face aux certitudes de comptoir affichées par les hommes politiques.
Limitons notre “étude” au cas de l’économie (il serait trop long d’évoquer tout le reste), voici trois débats captés récemment sur les ondes qui illustrent singulièrement ce contraste.
L’avis des experts
Tout d’abord Jacques Attali (dont le spleen s’aggrave mois après mois), pour lui, la crise et même encore plus grave qu’on ne pense ! La France a déjà perdu son triple A puisque nous n’empruntons pas au même taux que l’Allemagne.
Autre exemple: Dans l’émission l’économie en question, une petite dizaine d’économistes (tous chercheurs émérites - on est sur France Culture !) commentent chaque semaine à tour de rôle l’actualité économique. Habituellement optimistes, ils sombrent en ce moment dans le pessimisme le plus déprimant, ils s’interrogent sur les possibilités qu’ont les pays de l’OCDE encore à tirer leur épingle du jeux (cf l’émission de dimanche dernier ainsi que celle du dimanche précédent).
Voir aussi: http://atterres.org/ et les travaux de Stieglitz
Le discours des politiques
Dans ce débat télévisé, Pierre Laurent (PC) et Hervé Novelli(UMP) se sont étripés sur le thème: “Emploi, va-t-on vers le pire ?”. Le père de l’auto-entreprenariat a sorti sa vulgate libérale la plus basique face à l’un des derniers dinausores de la dialectique historique et de la dictature du prolétariat. On croirait entendre le débat des théologiens byzantins sur le sexe des anges en plein siège de leur ville.
Qu’on se le dise: augmenter les salaires ou favoriser la croissance, sont deux débats d’un autre age ! Il n’y aura PAS de croissance donc, il n’y aura PAS d’augmentation de salaire, c’est mathématique. Face à cette réalité, soit on manifeste et on attend que ça vienne (façon “Indignés”), soit on apprend à vivre mieux avec moins.
La réalité est que nos sociétés sont dans une impasse INQUALIFIABLE, car notre monde est devenu trop complexe. Cette complexité a été rendue possible par un énergie abondante et pas chère, maintenant que les prix se sont envolés, toute réforme est devenue hors de prix et donc hors de porté (ex: le coût du nucléaire), à l’avenir, les innovations majeures viendront des pays émergeants.
Aujourd’hui les contraintes sont énormes et pèsent d’une façon démesurée sur la puissance publique. En plus, du fait de la durée de cette crise économique, les ressorts idéologiques, économiques et politiques de notre civilisation occidentale sont sapés dans leurs fondements. Résultat, les hommes politiques sont désorientés tout autant que les électeurs.
Entre le Portugal, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande, la Grèce, l’Italie, les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, le Japon, il n’est pas un seul gouvernement de l’OCDE qui ne soit pas actuellement malmené politiquement. Faute de pouvoir rendre compte du réel de façon claire, les partis traditionnels se font doubler par leurs extrêmes. Les idées les plus simplistes trouvent un écho au sein de la population. Tout cela n’augure rien de bon.
Je me demande même si le refus catégorique de l’Allemagne d’une plus grande intégration européenne, n’est pas directement liée à ce diagnostic. En effet, qui mieux qu’une Allemande de l’Est peut comprendre les effets d’une récession grave ? Même si je le déplore, l’Allemagne ne mise clairement pas sur un hypothétique Etat Européen pour parer aux difficultés qui s’annoncent et la France ferait bien de le comprendre pour ne pas être le cocu de l’affaire.
Une chose est sûre, l’orage ne passera pas sans faire de gros dégâts, on entre dans une phase de longue depression. Comme disait récemment Cécile Duflot sur twitter…
On met son gilet et son casque, ça va secouer !
A propos de la crise, je viens de voir que l’émission “Du Grain à Moudre” avait programmé pour mardi le thème: la crise vient-elle de rattraper l’économie réelle ?, J’ai envie de dire: la question fait-elle encore débat ?

Scientific and technological discovery and innovation are the major engines of increasing productivity and are indispensable to ensuring economic growth, job creation, and rising incomes for American families in the technologically driven 21st century
Steven Chu, US Secretary of Energy
Il n’y a pas de dogme plus profondément ancré dans nos sociétés occidentales que celui de l’innovation comme moteur de la productivité. L’actuel secrétaire d’Etat américain de l’Energy, également prix nobel de physique, en a fait son crédo, pourtant, qu’est-ce qui pousse véritablement la croissance des pays occidentaux ?
Comment ne pas voir que depuis 30 ans, c’est surtout l’immobilier, la finance et les délocalisations qui ont entrainé la croissance du pouvoir d’achat ?
Comment ces trois secteurs pourraient se maintenir avec un prix du pétrole 3 fois plus élevé ?
Il est temps que les hauts responsables politiques en prennent conscience.
Olivier Berruyer est le “tenancier” du blog http://www.les-crises.fr/ depuis la publication de son livre, il est de temps en temps invité dans les médias. Ce jour là sur BFM, il a pu expliquer sa thèse au sujet de la crise grec: laisser les banques faire faillite, laisser les 10% des personnes les plus riches qui ont des investissements sur les marchés perdre leur argent.
Est-ce que ce gars bien que de profession actuaire ne serait pas candidat à occuper la Defense également ?
Autre citation tirée son livre:
Le troisième âge du capitalisme est celui du capitalisme financier mondialisé que nous vivons depuis la fin des années 1970. Son esprit est passé du collectif à l’individuel, il érige la liberté, la dérégulation, la réussite individuelle en valeur absolue. Sa figure est le “PDG actionnaire”. ll s’est construit à coup de déréglementation et de financiarisation de l’économie.
Lordon avait dit que si un jour on le voyait au JT de TF1 c’est que l’heure serait grave. Il vient de passer à l’emission de Taddei, est-ce que c’est grave docteur ?
Dans cette vidéo il terrasse toutes les objections de ses adversaires, Taddei reste coi et Madelin a failli se laisser convaincre.
Avec la crise écologique, la crise financière est le défit le plus sérieux pour les générations qui sont présentes
Dominique Strauss Kahn
Dimanche 18 septembre 2011
Rien de nouveau dans cette citation, mais ça fait plaisir de voir qu’il cite la crise écologique avant la crise financière et qu’il éprouve le besoin d’en parler dès son retour médiatique. Pisté à la minute 18 sur youtube
Discovering drought resistant crops with technology, rather than cross breeding or GMOs.
Lasers, Radar Can Aid Crops
Researchers are using ground-penetrating radar and terrestrial laser-scanning tools to look at drought-resistance traits in wheat faster and less intrusively.
New York ? Non - Miss Liberty #bordeaux - Chartrons
10 corporations control almost everything we buy
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Dans le champ de l’agriculture, l’usage libre et gratuit des...