Billets comportant le tag croissance

0 lecture

Débat intéressant sur Politique and Co entendu sur BFM le 13 juillet dernier. Dans les 10 dernières minutes, le journaliste pose cette question: comment vous voyez la fin de l’année ?

Voici les réponses (Est-il besoin de commenter ?) :

Éric Heyer, Économiste à l’OFCE

Aucun moteur de croissance allumé on va voir les licenciements continuer. Augmentation de la pauvreté va être massive. On va être dans une crise qui va être énorme d’un point de vu social plus que financier.

Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes

75 000 défaillances d’entreprises en prévision…un record. on voit déjà des marges qui se détoriorent. Ce qui m’inquiète le plus, c’est que les secteurs les plus proches des consommateurs qui commencent à souffrir. On commence à attaquer dans le dur. Tous les mois l’Europe perd un dixième de croissance. On a plus grand chose à se mettre sous la dent.

Pierre Ferracci, Président du groupe Alpha

L’automne va être difficile, dans les entreprises, au mieux c’est l’attentisme au pire le plan B, l’ajustement des effectifs. La mécanique de relance ne pourra pas venir d’en bas car il y a de nouvelles dégradations qui viennent de l’Italie, d’Espagne…


Roland Cayrol, Politologue, conseiller en stratégie et communication

Au fond, tout le monde sait que la fin de l’année de va pas être bonne. Comment ça se fait qu’après tout ce temps les hommes politiques soient encore à la recherche de la croissance ? Il n’y aura pas de croissance. Il faut réfléchir à des politiques qui prennent en compte les données du rapport de Club de Rome. On fait semblant de courrir après quelque chose que tout le monde sait être inatteignable…face à cela il va falloir se serrer les coudes, on est devant une obligation de réussite Européenne.

Mon avis ? Rolland Cayrol pose le débat en des termes rigoureusement exacts, on ne peut plus dire prophétique car le rapport du club de Rome ça date quand même un peu, hélas !

Extrait d’une conférence à Normal Sup orgnisée par LeBlogduDD dans le cadre du cycle “Ni Dupes, ni Devins” (j’adore le nom), c’était le 16 juin 2011.

Dans cette vidéo, OilMan, alias Mathieu Auzanneau, explique en 30 minutes le rôle du pétrole aujourd’hui et demain dans nos sociétés.

Pétrole et croissance

"Dans l’explication de la crise actuelle, le pétrole est l’éléphant qu’on a oublié au milieu du salon….On ne sait pas faire de croissance sans augmenter l’input de pétrole"

Le Medef doit changer de paradigme

Get Flash to see this player.

Le Medef lance son université d’été sur le thème sibyllin de ”2011 villages et planète, objectif B20” Les premières recensions des médias fait doucement rire: “on a besoin de la croissance” ” Il faut réduire les coûts salariaux”, toujours les mêmes rengaines. Sur le programme, on constate que toute l’intelligenstia parisienne s’est rendue disponible pour cet évènement (gaino, fabius, attali, adler, lamy, minc)

Demain à 9h se tiendra dans le “Hall d’honneur” un “débat” (?) sur le thème

‘Lire l’avenir dans le présent’

Vu le prestige des intervenants, je ne doute pas de l’intérêt de la conférence d’autant que la plupart se seront déjà parlé la veille à l’occasion du dîner de l’association “Le siècle” à l’hotel Crillon. Si toutefois ils venaient à cours d’idées (on ne sait jamais) je voudrais leur donner quelques pistes de réflexions.

Tout d’abord pourquoi se priver du passé pour tenter d’expliquer le présent ou d’anticiper l’avenir ? L’étude de l’histoire, même récente, est au contraire riche en enseignement.

En 2007 en pleine campagne présidentielle, Sarkozy lâchait aux cheminots de Seine St Denis: “La croissance, j’irai la chercher avec les dents !” Ce genre d’injonction volontariste fait honneur à l’abnégation des politiques mais fait sourire tant elle paraît anachronique.

5 ans après l’élection de Sarkozy, que reste-t-il de la croissance ? 

Comment expliquer que nos économies soient à ce point moribonde ? Qu’est devenue notre capacité d’innovation et notre force de travail ? Serions nous moins intelligents ou moins entreprenants que nos prédécesseurs ? 

Répondez moi s’il vous plait, dîtes moi, comment vous chefs d’entreprise vous voyez les choses ?

Pour ma part, j’ai l’impression que depuis 40 ans, les Etats ont eut massivement recours aux déficits budgétaires. Ils ont ensuite favorisé l’endettement des administrations, des entreprises puis celui des individus. Toute cette création monétaire a nécessairement permis de maintenir un semblant de croissance mais avec l’éclatement de la bulle du crédit, les économistes ne savent plus à quel saint se vouer. On cherche, en vain, les bonnes nouvelles du côté de l’Asie tandis que le dollar US est sous perfusion et que l’euro est maintenu à bout de bras.

Combien de temps cela va-t-il durer ? 

On aura beau accuser l’impéritie de nos gouvernants, les méfaits de la mondialisation ou le manque d’éthique des traders, ne faudrait-il pas aussi interroger notre propre modèle de développement ?

A - La crise financière que nous vivons est avant tout une crise environnementale

B - Le PIB ne doit pas être le seul horizon de toute la politique. Tout est expliqué dans cet excellent article tiré du cercle des Echos

C - Notre économie ne tient que par la dette

D - Nous sommes drogués aux energies fossiles qui comme beaucoup d’autres matière risquent de venir à manquer d’ici peu de temps

E - A l’heure d’internet et de la télévision, le luxe insolent des pays occidentaux va vitre devenir insupportable à beaucoup de monde. voir le film de Nicolas Hulot

Oui, plus que jamais l’avenir se lit dans le passé. Nous sommes à l’aube d’un nouveau monde, il est temps que les intellectuels de notre pays en prennent tout la mesure.

Arrêtons de penser comme des Dinosaures, la question n’est plus d’avoir à se prononcer pour ou contre la décroissance mais de savoir comment l’anticiper.

PS: si quelques membres du MEDEF devaient lire cet article je leur suggère de méditer l’exemple de Ray Anderson décédé cet été. Ce roi des tapis aux Etats Unis a vécu une “conversion écologique” des plus édifiantes tout en restant à la tête de son entreprise. on le voit dans l’excellent film “The Corporation”

Nous devrions vraiment nous demander quel sera notre regard rétrospectif sur cette première décennie du 21ème siècle - celle où les prix des aliments se mirent à grimper, ceux de l’énergie s’envolèrent, où la croissance démographique a fait un bond, où les tornades dévastaient les villes, où les inondations et les sécheresses atteignaient des niveaux records, où les populations devaient chercher refuge, et les gouvernements étaient menacés par la conjonction de ces évènements. Nous nous demanderons alors : A quoi pensions-nous ? Comment se fait-il que nous n’ayons pas paniqué, alors que des preuves évidentes montraient que nous avions dépassé toutes ensembles une série de lignes rouges : croissance, climat, ressources naturelles, population ?
New York Tims, Thomas Friedman
La seule solution pour éviter la récession serait une augmentation permanente de la production de pétrole bon marché. L’impossible réalisation de ce fantasme nous conduit à l’autre solution : la décroissance massive de notre consommation de pétrole, que nous le voulions ou non.
Yves Cochet