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Vous connaissez Philippe Murer ? Un ancien trader qui a su prendre un peu de recul et analyser froidement la situation politique, économique et sociale. Cette interview résume pas mal ses idées revigorantes:

- Nous sommes arrivés au terme de la logique Démocratico-libéralo-capitaliste. Un autre monde arrive.

- Nos régimes politiques ne sont pas adaptés pour soutenir ces changements.

- L’euro tel qu’il est va bientôt mourrir.

- La décroissance économique comme programme politique n’est pas soutenable

- un meilleure utilisation des ressources naturelles est un impératif

- Le libéralisme économique est une machine à broyer les sociétés est n’est pas appelé à durer

- D’ici 2015 ce sera la révolution du fait de la crise sociale aux US, en Europe, en Chine etc…

- Les jeunes doivent se préparer à de nouvelles formes d’engagement politique.

- Ce n’est pas par l’individualisme qu’on sauvera ce monde mais par plus de coopération.

Pourquoi et comment sauver l’europe ?

Dans un article tiré publié le 21 mai dernier, Jacques Attali décrit la situation des européens comme la cordée la plus bête du monde. Pourquoi ? comme il l’explique très bien ceux qui veulent lâcher les Grecs (les derniers de la cordée) ne voient pas que si ces derniers tombent, c’est la cordée toute entière qui risque d’être emportée.

Voir le blog de Jacques Attali

Si Attali a le sens de la formule pour frapper les esprits, il ne brille pas toujours par la faisabilité de ses propositions.

Tout récemment, j’ai découvert les propositions de Gael Giraud (économiste, chercheur au CNRS et Jésuite !) Sa vision des problèmes et les moyens à mettre en oeuvre me paraissent très intéressants. Signataire du collectif Roosevelt 2012 il donne des conférences et publie régulièrement des articles.

Voici quelques éléments intéressants que je tire de cette vidéo (daté du 15 décembre 2011)

  1. Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui en Europe ?
    La mauvaise conception de l’économie est à l’origine des déboires de la zone euro:
    Les plans d’austérité sont aberrants: si le taux d’intérêt - l’inflation supérieur au taux de croissance cela signifie que la dette ne peut pas être remboursée. L’obligation pour les Etats de se financer sur les marchés est complètement mortifère. La part des dépenses publiques dans le PIB a diminué dans les 15 dernières années
     
  2. La part de responsabilité des banques et des organismes financiers
    Vouloir rassurer les marchés, ça n’a aucun sens. Un marché est obligé de suivre l’avis de la majorité sinon on perd de l’argent.
     
  3. Ce qu’il faut faire
    Règlementer la finance pour qu’elle serve l’économie. L’inflation ne serait pas une si mauvaise chose. Pourquoi ne pas financer un grand plan énergétique et de transition écologique dans toute l’europe. (ça rappelle une idée de Hulot) Pour aller plus loin je recommande la lecture de cette retranscription d’une conférence de Gael Giraud au cours du comité catholique de polytechnique (journée du 30 janvier 2011)

Une excellente vidéo sur les paradis fiscaux qui ne révèle pas grand chose si ce n’est l’extraordinaire cynisme de ceux qui contribuent à faire vivre ces paradis fiscaux.

J’ai bien aimé la définition d’un paradis fiscal, “Tout pays qui autorise l’application de régimes fiscaux différents entre les nationaux et les étrangers où les seconds sont nettement favorisés par rapport au premier.”

A l’aune de cette définition, l’Angleterre est un paradis fiscal puisque les étrangers domiciliés à Londres ne sont pas imposés sur leur revenus….Effectivement Mittal a eu raison de s’acheter un petit pied à terre 120 milions d’euros en plein coeur de Londres, il lui fait probablement économiser plusieurs dizaines millions d’euros chaque année.

Cette vidéo est à mettre en parallèle avec le dernier article de Roosevelt 2012 dans le Monde.fr "Nous ne voulons pas mourir dans les décombres du néo-libéralisme" Car en effet, c’est actuellement le néo-libéralisme qui est en train d’accélérer notre chute. L’initiative Roosevelt 2012 est probablement la seule initiative intelligente que les chefs d’Etats européen devraient s’attacher à mettre en place.

Remontée fulgurante de Bayrou

D’après le dernier sondage LH2 Bayrou serait à 15% d’intentions de vote à égalité avec Marine le Pen. De là à imaginer que Sarkozy puisse décrocher dans les sondages (comme le laisse aussi entendre le sondage Paris Match) et que Bayrou puisse accéder au second tour, il n’y a qu’un pas que j’ai plaisir à imaginer.

Je pensais l’opportunité d’un Bayrou au second tour superflue, à voir comment la campagne évolue, je me dis que cela serait très sain pour la république et peut être même une chance pour la France et l’Europe.

Certes Bayrou a ses inconvénients:

- Son parti est moribond
- Il est très solitaire
- Il ne parle pas d’écologie

2008, ces raisons m’avaient fait quitter le modem, aujourd’hui à voir l’évolution du paysage politique, je suis un peu perplexe.

Paul Jorion était sur France Culture il y a deux jours. Comme toujours, son diagnostic est désespérant. Le problème c’est que ses prophéties se réalisent chaque année un peu plus. A la question de savoir ce qu’il faut faire, il a pour seule réponse d’inciter à penser le futur autrement.

"Il est urgent de penser à la suite, il faut casser la machine à produire une aristocratie"

Dans cette interview, j’ai aussi découvert cette notion du “Culte du Cargo"…à creuser.

Y-a-il un pilote dans l’avion ?

Rarement dans l’histoire un effondrement aussi prévisible, documenté et commenté aura été aussi faiblement anticipé par l’action publique. Comme le dit Nicolas Hulot:  

"La société dans laquelle on est ressemble à une espèce d’avion de ligne où tous les voyants seraient au rouge dans le cockpit pendant qu’à l’arrière on continue à boire le champagne ou à se quereller."
émission “Mots Croisés” juin 2002

Ce que Nicolas Hulot n’avait pas anticipé à l’époque c’est que le pilote en personne puisse un jour faire défaut. Ce qui est arrivé jeudi dernier à un vol commercial de la Delta (Lepost.fr) illustre particulièrement bien la séquence des évènements qui se nouent en ce moment dans les pays occidentaux. 

Tandis que nos économies partent à vaux l’eau, que les pays s’enfoncent chaque mois un peu plus dans la crise et que les révoltes grondent un peu partout, nos hommes politiques continuent à s’étriper sur des débats d’un autre age ou se félicitent de leurs actions efficaces feignant de croire à leur pouvoir réel.

Il est surprenant de constater le décalage entre les interrogations fondamentales, voir le pessimisme, des experts face aux certitudes de comptoir affichées par les hommes politiques.

Limitons notre “étude” au cas de l’économie (il serait trop long d’évoquer tout le reste), voici trois débats captés récemment sur les ondes qui illustrent singulièrement ce contraste.

L’avis des experts

Tout d’abord Jacques Attali (dont le spleen s’aggrave mois après mois), pour lui, la crise et même encore plus grave qu’on ne pense ! La France a déjà perdu son triple A puisque nous n’empruntons pas au même taux que l’Allemagne.



Autre exemple: Dans l’émission l’économie en question, une petite dizaine d’économistes (tous chercheurs émérites - on est sur France Culture !) commentent chaque semaine à tour de rôle l’actualité économique. Habituellement optimistes, ils sombrent en ce moment dans le pessimisme le plus déprimant, ils s’interrogent sur les possibilités qu’ont les pays de l’OCDE encore à tirer leur épingle du jeux (cf l’émission de dimanche dernier ainsi que celle du dimanche précédent).

Voir aussi: http://atterres.org/ et les travaux de Stieglitz

Le discours des politiques

Dans ce débat télévisé, Pierre Laurent (PC) et Hervé Novelli(UMP)  se sont étripés sur le thème: “Emploi, va-t-on vers le pire ?”. Le père de l’auto-entreprenariat a sorti sa vulgate libérale la plus basique face à l’un des derniers dinausores de la dialectique historique et de la dictature du prolétariat. On croirait entendre le débat des théologiens byzantins sur le sexe des anges en plein siège de leur ville. 

Qu’on se le dise: augmenter les salaires ou favoriser la croissance, sont deux débats d’un autre age ! Il n’y aura PAS de croissance donc, il n’y aura PAS d’augmentation de salaire, c’est mathématique. Face à cette réalité, soit on manifeste et on attend que ça vienne (façon “Indignés”), soit on apprend à vivre mieux avec moins.

La réalité est que nos sociétés sont dans une impasse INQUALIFIABLE, car notre monde est devenu trop complexe. Cette complexité a été rendue possible par un énergie abondante et pas chère, maintenant que les prix se sont envolés, toute réforme est devenue hors de prix et donc hors de porté (ex: le coût du nucléaire), à l’avenir, les innovations majeures viendront des pays émergeants.

Aujourd’hui les contraintes sont énormes et pèsent d’une façon démesurée sur la puissance publique. En plus, du fait de la durée de cette crise économique, les ressorts idéologiques, économiques et politiques de notre civilisation occidentale sont sapés dans leurs fondements.  Résultat, les hommes politiques sont désorientés tout autant que les électeurs.

Entre le Portugal, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande, la Grèce, l’Italie, les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, le Japon, il n’est pas un seul gouvernement de l’OCDE qui ne soit pas actuellement malmené politiquement. Faute de pouvoir rendre compte du réel de façon claire, les partis traditionnels se font doubler par leurs extrêmes. Les idées les plus simplistes trouvent un écho au sein de la population. Tout cela n’augure rien de bon.

Je me demande même si le refus catégorique de l’Allemagne d’une plus grande intégration européenne, n’est pas directement liée à ce diagnostic. En effet, qui mieux qu’une Allemande de l’Est peut comprendre les effets d’une récession grave ? Même si je le déplore, l’Allemagne ne mise clairement pas sur un hypothétique Etat Européen pour parer aux difficultés qui s’annoncent et la France ferait bien de le comprendre pour ne pas être le cocu de l’affaire.

Une chose est sûre, l’orage ne passera pas sans faire de gros dégâts, on entre dans une phase de longue depression. Comme disait récemment Cécile Duflot sur twitter…

On met son gilet et son casque, ça va secouer !

A propos de la crise, je viens de voir que l’émission “Du Grain à Moudre” avait programmé pour mardi le thème: la crise vient-elle de rattraper l’économie réelle ?, J’ai envie de dire: la question fait-elle encore débat ?

L’économie grecque étouffée par la dette

Alors faut-il toujours croire en la croissance ?

Le dernier article du monde a propos de la dette grecque est flippant, extrait:

"Bridée par les coupes budgétaires, l’économie grecque se rétracte à un rythme alarmant. Le ministre des finances a déclaré la semaine dernière que le produit intérieur brut diminuerait vraisemblablement de plus de 4,5 % en 2011, contre 3,5 % prévus initialement. Entre-temps, la dette publique a enflé, pour atteindre 350 milliards d’euros."

Lire l’article complet sur lemonde.fr

Le Medef doit changer de paradigme

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Le Medef lance son université d’été sur le thème sibyllin de ”2011 villages et planète, objectif B20” Les premières recensions des médias fait doucement rire: “on a besoin de la croissance” ” Il faut réduire les coûts salariaux”, toujours les mêmes rengaines. Sur le programme, on constate que toute l’intelligenstia parisienne s’est rendue disponible pour cet évènement (gaino, fabius, attali, adler, lamy, minc)

Demain à 9h se tiendra dans le “Hall d’honneur” un “débat” (?) sur le thème

‘Lire l’avenir dans le présent’

Vu le prestige des intervenants, je ne doute pas de l’intérêt de la conférence d’autant que la plupart se seront déjà parlé la veille à l’occasion du dîner de l’association “Le siècle” à l’hotel Crillon. Si toutefois ils venaient à cours d’idées (on ne sait jamais) je voudrais leur donner quelques pistes de réflexions.

Tout d’abord pourquoi se priver du passé pour tenter d’expliquer le présent ou d’anticiper l’avenir ? L’étude de l’histoire, même récente, est au contraire riche en enseignement.

En 2007 en pleine campagne présidentielle, Sarkozy lâchait aux cheminots de Seine St Denis: “La croissance, j’irai la chercher avec les dents !” Ce genre d’injonction volontariste fait honneur à l’abnégation des politiques mais fait sourire tant elle paraît anachronique.

5 ans après l’élection de Sarkozy, que reste-t-il de la croissance ? 

Comment expliquer que nos économies soient à ce point moribonde ? Qu’est devenue notre capacité d’innovation et notre force de travail ? Serions nous moins intelligents ou moins entreprenants que nos prédécesseurs ? 

Répondez moi s’il vous plait, dîtes moi, comment vous chefs d’entreprise vous voyez les choses ?

Pour ma part, j’ai l’impression que depuis 40 ans, les Etats ont eut massivement recours aux déficits budgétaires. Ils ont ensuite favorisé l’endettement des administrations, des entreprises puis celui des individus. Toute cette création monétaire a nécessairement permis de maintenir un semblant de croissance mais avec l’éclatement de la bulle du crédit, les économistes ne savent plus à quel saint se vouer. On cherche, en vain, les bonnes nouvelles du côté de l’Asie tandis que le dollar US est sous perfusion et que l’euro est maintenu à bout de bras.

Combien de temps cela va-t-il durer ? 

On aura beau accuser l’impéritie de nos gouvernants, les méfaits de la mondialisation ou le manque d’éthique des traders, ne faudrait-il pas aussi interroger notre propre modèle de développement ?

A - La crise financière que nous vivons est avant tout une crise environnementale

B - Le PIB ne doit pas être le seul horizon de toute la politique. Tout est expliqué dans cet excellent article tiré du cercle des Echos

C - Notre économie ne tient que par la dette

D - Nous sommes drogués aux energies fossiles qui comme beaucoup d’autres matière risquent de venir à manquer d’ici peu de temps

E - A l’heure d’internet et de la télévision, le luxe insolent des pays occidentaux va vitre devenir insupportable à beaucoup de monde. voir le film de Nicolas Hulot

Oui, plus que jamais l’avenir se lit dans le passé. Nous sommes à l’aube d’un nouveau monde, il est temps que les intellectuels de notre pays en prennent tout la mesure.

Arrêtons de penser comme des Dinosaures, la question n’est plus d’avoir à se prononcer pour ou contre la décroissance mais de savoir comment l’anticiper.

PS: si quelques membres du MEDEF devaient lire cet article je leur suggère de méditer l’exemple de Ray Anderson décédé cet été. Ce roi des tapis aux Etats Unis a vécu une “conversion écologique” des plus édifiantes tout en restant à la tête de son entreprise. on le voit dans l’excellent film “The Corporation”

Pour Guillaume Duval, économiste, nous vivons actuellement une crise écologique. C’est ce qu’il a dit ce matin sur France Culture, cet économiste proche du PS et rédacteur en chef au journal Alternatives économique, s’accorde ainsi avec Jancovici sur le diagnostic de cette crise économique.

Je m’étonne que ce diagnostic ne soit pas partagé par un plus grand nombre d’économistes. Pour eux, un coup de pouce de l’état suffirait à relancer la “machine” économique….pourquoi ne voient-ils pas que la machine est cassée ?

Ce W.E dans Esprit Public, Gérard Chaliand allait même plus loin en affirmant que c’est en fait “depuis 1974 que l’ensemble des états européens ont vécu au dessus de leur moyen.”

L’énergie pas chère est au centre de notre économie, retirez-là et tout s’effondre comme un château de carte.