Billets comportant le tag écologie

Résumé d’une interview récente d’Olivier Berruyer sur la crise…de loin la plus profonde et la plus claire des explications qu’il ne m’est jamais été donnée de lire.

Pouvez-vous présenter rapidement votre parcours, votre blog et vos livres ?

Je suis actuaire, responsable du calcul des risques financiers. chroniqueur et écrivain

Quels sont les causes de la crise.

Il y a plusieurs crises, nous sommes en pleine mutation qui sonne la fin de la prédominance des pays occidentaux. Nous sommes entré dans une panne de croissance probablement définitive. De 1960 à nos jours la croissance par habitant décroit constamment. Depuis 2007, nous sommes à 3% par ans. La décroissance ne fait plus débat.

Il y a quand même beaucoup de secteurs prometteurs pour l’avenir: nanotechnologies, biotechnologies, etc.

En effet il y a toujours des gains de productivité mais le pouvoir d’achat ne suit pas donc croissance faible donc destruction emploi. La relance keynésienne, ça marche jusqu’à ce que les marchés arrêtent de prêter de l’argent.

Depuis 2007 plusieurs analystes prédisent un effondrement économique et financier imminent mais pour le moment, le système tient bon…

On ne sait pas ce qu’il se passe car c’est un phénomène nouveau. Mais il faut avoir conscience que nous jouons à la roulette russe en permanence et le problème à ce jeu là c’est que quand on perd, on perd tout. Nous sommes au bord du gouffre et on continue à jouer. La sécurité financière doit être mise au même niveau que la sécurité nucléaire. Pendant ce temps, les banques jouent au Casino avec la bénédictions des régulateurs. Il faudrait pourtant regarder si le croupier n’est pas de mèche avec le client. L’Etat n’est pas là pour donner des garanties publiques aux bonus des traders !!

La crise actuelle n’est elle pas aussi due au secteur financier, qui est devenu un prédateur de l’économie réelle ?

Depuis années 80, on a créé une industrie quasi frauduleuse qui met à mal l’économie réelle. Certains actionnaires vampirisent les entreprises, c’est la perversion du capitalisme. Il n’y plus d’affectio societatis Il faudrait au moins pouvoir privilégier l’actionnaire de long terme. Un Bébéar a la même analyse. La marxisme a peut être eut raison en prédisant que le capitalisme allait s’autodétruire.

Mais on vous dira que si vous mettez trop de réglementations, les investisseurs vont quitter la France…

On a besoin d’investisseurs, pas de spéculateurs. Un problème de mettre des règles ? Cela rendrait le marché moins liquide ? je ne vois pas le problème avec ça ou bien qu’on me dise intérêt de permettre d’acheter et de vendre au millionième de seconde. Dans les années 80 les cours étaient fixées une fois par jours, c’était presque déjà trop, aujourd’hui on en est à coter au millionième de seconde. Une action ce n’est pas un jeton de casino. C’est aussi un risque d’entretenir des délits d’initiés.

Peut-on faire un lien entre cette dérégulation et l’idéologie issue de mai 68, il est interdit d’interdire ?

Vouloir toujours plus de droit c’est beau mais à un moment il faut voir qu’il y a aussi des devoirs. Sans vouloir paraitre avoir un discours excessif sur mai 68 il faut bien voir que nous sommes en train de vivre les derniers spasme de cette idéologie là. Un banquier n’est pas un spéculateur. Il faut des équilibres là dedans. 1989 a mis fin l’ère de la négation de la liberté pour l’absolutisation de l’égalité, nous sommes en train de vivre la fin de l’ère de la négation de l’égalité au profit de l’absolutisation de la liberté. on vit aussi un crise du “court-thermisme.”  c’est valable dans la finance mais aussi pour ce qui est de l’énergie. La problème c’est que lorsque la nature trouve des solutions naturelle ce n’est jamais très agréable.

Certains analystes prévoient un effondrement depuis quelques années, mais peut-on vraiment savoir avec précision quand cela va arriver ?

ça viendra forcément car le truc n’est pas durable. Mais il est impossible de prédire quand l’intelligence viendra au crétins. tant qu’il y a des gens pour jouer ça va continuer. le problème c’est que plus ça dure, plus ça va être dure. a ce stade, ce n’est plus de l’économie, c’est de la psychologie. On est dans un champs de nitroglycérine et il y a des gens qui secouent partout. certainement pas plus de trois ans…on voit très bien comment le système est en train de se vérolé.

Certains économistes keynésiens comme Krugman plaident pourtant pour des plans de relance, via des déficits contracycliques de l’Etat…

Moi je ne pense pas que l’économie n’est pas récupérable l’horizon de deux ou trois ans. Nous sommes sur un cycle de probablement 50 ans. austérité ou pas, à un moment donné les prêteurs vont arrêter de prêter de l’argent. après c’est un débat politique mais pas économique. le système ne tient plus que par la banque centrale américaine, mais l’hégémonie du dollar pose des problèmes au monde entier, ça ne va pas durer.

Pensez-vous qu’on va assister à une montée en puissance des pays émergents dans les prochaines années ?

Difficile à dire, pas d’exemple dans l’histoire. Il faudrait arriver à équilibrer les échanges. ce sont les déséquilibres qui ont lancé ces problèmes du dollars. Il faut un équilibre des échanges commerciaux car sinon ça va faire mal, keynes en avait déjà parlé. L’excédent est malsain avait-il dit, c’est suicidaire, ça va détruire le système. c’est aux pays excédentaires de faire des efforts.

Mais cela ne reviendrait-il pas à tirer l’Allemagne vers le bas économiquement ?

Ce qu’il faut faire c’est augmenter le salaire des Allemands. Si il ne sont pas d’accord, ils récupèrent le mark. il vaut mieux éviter de faire une monnaie uniquement avec eux ou bien s’assurer que les termes du contrat sont très clair. c’est celui qui fait des excedent sur la balance qui doit faire des efforts.

L’Allemagne a une démographique très différente de la notre.

En effet, nos deux pays sont très différents. Il est temps d’en tenir compte. Vouloir états unis d’Europe c’est une utopie, ce serait parier sur la maison pour sauver le garage. La monnaie uniquement n’est plus qu’un symbole politique qui n’est plus de réalité économique. pas d’inflation sur les biens de consommation mais les prix de l’immobilier ont doublés…

Pourquoi l’Europe ne pourrait-elle pas aller vers davantage de fédéralisme pour sauver l’Euro ?

Allez faire un référendum sur l’Europe en posant la question: est-ce que vous êtes d’accord pour augmenter vos impôts pour payer la dette de la Grèce ! je doute que le résultat soit plus de 50%. On parle de coopération alors que les états de l’union sont en guerre économique depuis 30 ans. ça va être douloureux mais il faut que l’Allemagne sorte de l’euro.

Pour résumer, l’Euro ne peut pas marcher parce qu’il n’existe tout simplement pas de nation européenne ?

Le fait d’avoir la monnaie uniquement s’oppose au fait d’avoir des parlements nationaux. est-ce qu’on veut vraiment de ça ? c’est plus possible. si les pays ont du mal à faire de la coopération entre leurs régions, pourquoi ça marcherai au niveau européen. Nous sommes dans une génération individualiste faut vivre avec. L’union européenne est morte dans les années 80. Ils se disputent en ce moment pour baisser le budget de l’Europe alors qu’il ne fait que 1% comparé à 25%. On ne peut pas avoir les avantages de l’Europe sans en avoir les inconvénients.

Pourquoi ont-ils décidé de faire monnaie unique ?

Pour faire une monnaie il suffit d’être d’accord. mais il faut bien voir que cela ne règle pas les intérêts divergents. L’économie c’est toujours simple…la réalité, c’est parfois autre choses. Les chiffres ne disent pas tout.

Croyez vous en des révoltes possibles en Europe pour les prochaines années ?

Il y a des fragilités en france et Angleterre. Je pense que ces choses là seraient plus une conséquence qu’un déclencheur. Les capacités d’acceptation des peuples sont variées, peut être plus résilient en tout cas que le système financier et bancaire. En ce moment c’est un miracle permanent que le système tienne encore.

Que conseillers aux banquiers et financiers ?

La plupart sont honnête mais le système est vicié. Il serait plus sain que ces jeunes là soient occupés à des choses plus utiles. Il faut d’urgence diminuer les rémunération du secteur financier. Toute cette crise est logique somme toute. Il faut se remettre à interdire certaines choses. La plupart l’ont très bien compris de toutes les façons,  il veulent en profiter avant que tout ça s’écroule.

Pour conclure, vous affirmez donc qu’il y aurait des solutions pour éviter un effondrement financier, mais que tout est bloqué politiquement…

On est sur un bateau, l’iceberg est devant, le commandant ne veut pas tourner…que peut-on faire ? tous dans les canots les amis…mais soyons rassuré le rebond va bien se passer…ça va même être très intéressant. La génération aux commandes actuellement aura quand meme réussi à ramener la préhistoire économique en moins de 20 ans. cela reste un exploit dans les anales. Nous vivons la fin d’un monde.

Lors de son passage au TedX de Paris, Pierre Rabhi s’est posé la question de savoir si il existe une vie avant la mort…excellente vidéo en guise de prélude à la sortie de son prochain film. http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19478638&cfilm=218250.html

Un ami me faisait récemment suivre les informations relatives au prochaines activités de la ManifPourTous. Après 3 mois de débat et deux votes aux assemblées, les militants de LMPT sont toujours chauffés à blanc. Personnellement, je trouve qu’ils ont raison de continuer. Cette histoire de mariage homosexuel est une escroquerie intellectuelle car elle mène tout droite à la PMA et la GPA qui sont des aberrations écologiques et humaines (cf cette excellente vidéo qui résume tous les arguments http://www.youtube.com/watch?v=kdjmKdm2muA )

Je m’interroge toute de même sur la capacité de mobilisation de certains citoyens sur des sujet moraux alors qu’ils délaissent totalement les sujets écologiques, sociétaux et économiques. Je viens de regarder cette vidéo sur l’aluminium qui en dit long sur le mal qui ronge notre société: scientisme, absolu de la consommation, risques environnementaux et sanitaires,  emprise des multinationales, irresponsabilité des politiques, apathie des citoyens… un questionnaire passé aux militants LMPT sur ces sujets là seraient surement un fiasco.

Pour ma part, la défense de l’environnement et ses thématiques associées sur l’économie, la finance, le politique mériteraient de la part de ces mêmes militant une mobilisation tout aussi importante….ça doit être mon côté idéaliste.

Eviter la raclée

Eh bien voilà l’heure du vote est arrivée. D’après les sondages tout est joué à présent…et c’est probablement vrai.

A droite, les rats quittent le navire. A gauche on se prépare à mettre ses parures de fêtes. Pourtant plus de 60% de la population ne va pas voter au premier tour pour l’un de deux candidats favoris.

J’avais espéré qu’un Bayrou puisse servir d’antidote à l’alternance des mêmes.

Il est le seul homme politique qui n’a pas fait que de la politique toute sa vie. C’est aussi un homme de valeur, aux convictions fortes. La plupart des sondages lui reconnaissait d’ailleurs ces qualités. Depuis 6 mois, il caracole en tête des hommes politiques préférés des Français. 

Mais voilà, il n’y a rien à faire, les gens l’aiment bien mais ne veulent pas voter pour lui… j’ai d’ailleurs entendu les arguments les plus futiles:

- Il n’a pas de programme (Ah bon ?)

- Il n’a pas la carrure (on parle de quoi au juste)

- Il n’a pas de parti (est-ce vraiment un inconvénient ?)

BREF

Soyons réaliste le vote Bayrou, ne va pas servir à remplacer l’un des deux favoris. Je dois donc voter pour le candidat/le parti avec lequel je suis le plus en accord. Par ailleurs, je n’ai pas envie que les idées écologistes se prennent une énième veste. Les idées représentées par EELV sont incontournables et puisque les jeux sont faits autant voter pour ses idées.

Le discours de DCB au Cirque d’hivers reflète exactement les idées auquelles je crois.

L’écologie doit être inventive pour ne pas être piégée par le PS. Elle doit être au centre comme en Allemagne. D’ailleurs si j’avais un conseil à donner à Bayrou, il ferait mieux de s’intéresser vraiment à la question écologique si il veut espérer construire une force positive.

10 lectures

Quelques mois après la sortie de son film “le syndrome du titanic” Nicolas Hulot commente auprès d’Hervé Kempf la mésaventure qu’il a subit. Comme il le dit si bien: Parfois même des gens qui ont des intelligences fulgurantes n’arrivent pas à comprendre l’impasse dans laquelle nos sociétés sont. 

Il faut voir tout de même que notre entrons dans notre 6ème année de crise financière et rien n’a changé ou si peu.  Nos hommes politiques sont animés des mêmes paradigmes, les économistes font comme si tout allait s’arranger, les chefs d’entreprises font mine de croire que tout va bien et pendant ce temps la grogne sociale monte. 

Combien de temps cela va-t-il tenir ?

Il y a un an Besset quittait la direction d’EELV

C’était il y a un an à peine, Jean Paul Besset quittait la direction d’EELV dans un doux fracas, avait-il complètement tort ? 

Aujourd’hui EELV est certes le parti le mieux placé pour avoir de l’audience sur le thème de l’écologie mais quelle déception !

- EELV a-t-il su réunir la famille écologique ?

- Qu’est devenu la coopérative ?

- L’accord signé par EELV avec le PS va-t-il pouvoir tenir ?

- Eva Joly va-t-elle dépasser les 5% ?

- Regrettent-ils vraiment le départ de Hulot ?

Il y a un an Jean Paul Besset concluait:

J’ai contribué à construire un mouvement que je juge désormais métastasé 

Force est de constater que la lettre de Besset publiée il y a 1 an était prémonitoire. Les acharnés du clan Joly ont réussi à ringardiser Nicolas Hulot en le faisant passer pour le dernier des écologistes. Il y a aujourd’hui de fortes chances pour que EELV ne dépasse pas les 5% et sans la présence de Corinne Lepage beaucoup des thèmes écolos seraient absent de la campagne !

Lire la lettre de JB Besset:

Pourquoi j’abandonne

J’ai décidé de renoncer à toute responsabilité au sein d’Europe Ecologie-Les Verts. Cette décision est mûrement réfléchie. Elle n’est le fruit ni d’un coup de tête ni d’un coup de blues. Elle révèle l’impuissance que je ressens de plus en plus douloureusement face à une situation de conflit interne qui m’apparaît, en l’état, dominante, indépassable, broyeuse d’énergie et d’espérance. Elle vise aussi à dissiper l’illusion fédératrice que ma présence entretient dans la direction du mouvement, entre marteau et enclume.

Paul Jorion était sur France Culture il y a deux jours. Comme toujours, son diagnostic est désespérant. Le problème c’est que ses prophéties se réalisent chaque année un peu plus. A la question de savoir ce qu’il faut faire, il a pour seule réponse d’inciter à penser le futur autrement.

“Il est urgent de penser à la suite, il faut casser la machine à produire une aristocratie”

Dans cette interview, j’ai aussi découvert cette notion du “Culte du Cargo“…à creuser.

Crise de l'Euro, Crise de l'Europe

Voici un extrait de l’article..très intéressant ce détour par Nietzsche:

Dans la deuxième dissertation de La Généalogie de la morale, Nietzsche comprenait l’économie primitive de type créancier/débiteur comme l’éducation à la responsabilité de celui qui sait compter et sur lequel on peut compter, car nous ne pouvons pas vivre tout le temps à crédit… Or nous ressemblons aujourd’hui à ces adolescents révoltés qui découvrent que les choses ont un prix et qu’il faut payer… Nul ne peut être l’unique créancier de tous, nul ne peut être seul débiteur ou obligé de tous. L’interdépendance engage une responsabilité commune et justifie un comportement coopératif en disqualifiant par avance toute attitude individualiste de repli sur ses intérêts privés. Relisons La Généalogie de la morale.

Y-a-il un pilote dans l’avion ?

Rarement dans l’histoire un effondrement aussi prévisible, documenté et commenté aura été aussi faiblement anticipé par l’action publique. Comme le dit Nicolas Hulot:  

“La société dans laquelle on est ressemble à une espèce d’avion de ligne où tous les voyants seraient au rouge dans le cockpit pendant qu’à l’arrière on continue à boire le champagne ou à se quereller.”
émission “Mots Croisés” juin 2002

Ce que Nicolas Hulot n’avait pas anticipé à l’époque c’est que le pilote en personne puisse un jour faire défaut. Ce qui est arrivé jeudi dernier à un vol commercial de la Delta (Lepost.fr) illustre particulièrement bien la séquence des évènements qui se nouent en ce moment dans les pays occidentaux. 

Tandis que nos économies partent à vaux l’eau, que les pays s’enfoncent chaque mois un peu plus dans la crise et que les révoltes grondent un peu partout, nos hommes politiques continuent à s’étriper sur des débats d’un autre age ou se félicitent de leurs actions efficaces feignant de croire à leur pouvoir réel.

Il est surprenant de constater le décalage entre les interrogations fondamentales, voir le pessimisme, des experts face aux certitudes de comptoir affichées par les hommes politiques.

Limitons notre “étude” au cas de l’économie (il serait trop long d’évoquer tout le reste), voici trois débats captés récemment sur les ondes qui illustrent singulièrement ce contraste.

L’avis des experts

Tout d’abord Jacques Attali (dont le spleen s’aggrave mois après mois), pour lui, la crise et même encore plus grave qu’on ne pense ! La France a déjà perdu son triple A puisque nous n’empruntons pas au même taux que l’Allemagne.



Autre exemple: Dans l’émission l’économie en question, une petite dizaine d’économistes (tous chercheurs émérites - on est sur France Culture !) commentent chaque semaine à tour de rôle l’actualité économique. Habituellement optimistes, ils sombrent en ce moment dans le pessimisme le plus déprimant, ils s’interrogent sur les possibilités qu’ont les pays de l’OCDE encore à tirer leur épingle du jeux (cf l’émission de dimanche dernier ainsi que celle du dimanche précédent).

Voir aussi: http://atterres.org/ et les travaux de Stieglitz

Le discours des politiques

Dans ce débat télévisé, Pierre Laurent (PC) et Hervé Novelli(UMP)  se sont étripés sur le thème: “Emploi, va-t-on vers le pire ?”. Le père de l’auto-entreprenariat a sorti sa vulgate libérale la plus basique face à l’un des derniers dinausores de la dialectique historique et de la dictature du prolétariat. On croirait entendre le débat des théologiens byzantins sur le sexe des anges en plein siège de leur ville. 

Qu’on se le dise: augmenter les salaires ou favoriser la croissance, sont deux débats d’un autre age ! Il n’y aura PAS de croissance donc, il n’y aura PAS d’augmentation de salaire, c’est mathématique. Face à cette réalité, soit on manifeste et on attend que ça vienne (façon “Indignés”), soit on apprend à vivre mieux avec moins.

La réalité est que nos sociétés sont dans une impasse INQUALIFIABLE, car notre monde est devenu trop complexe. Cette complexité a été rendue possible par un énergie abondante et pas chère, maintenant que les prix se sont envolés, toute réforme est devenue hors de prix et donc hors de porté (ex: le coût du nucléaire), à l’avenir, les innovations majeures viendront des pays émergeants.

Aujourd’hui les contraintes sont énormes et pèsent d’une façon démesurée sur la puissance publique. En plus, du fait de la durée de cette crise économique, les ressorts idéologiques, économiques et politiques de notre civilisation occidentale sont sapés dans leurs fondements.  Résultat, les hommes politiques sont désorientés tout autant que les électeurs.

Entre le Portugal, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande, la Grèce, l’Italie, les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, le Japon, il n’est pas un seul gouvernement de l’OCDE qui ne soit pas actuellement malmené politiquement. Faute de pouvoir rendre compte du réel de façon claire, les partis traditionnels se font doubler par leurs extrêmes. Les idées les plus simplistes trouvent un écho au sein de la population. Tout cela n’augure rien de bon.

Je me demande même si le refus catégorique de l’Allemagne d’une plus grande intégration européenne, n’est pas directement liée à ce diagnostic. En effet, qui mieux qu’une Allemande de l’Est peut comprendre les effets d’une récession grave ? Même si je le déplore, l’Allemagne ne mise clairement pas sur un hypothétique Etat Européen pour parer aux difficultés qui s’annoncent et la France ferait bien de le comprendre pour ne pas être le cocu de l’affaire.

Une chose est sûre, l’orage ne passera pas sans faire de gros dégâts, on entre dans une phase de longue depression. Comme disait récemment Cécile Duflot sur twitter…

On met son gilet et son casque, ça va secouer !

A propos de la crise, je viens de voir que l’émission “Du Grain à Moudre” avait programmé pour mardi le thème: la crise vient-elle de rattraper l’économie réelle ?, J’ai envie de dire: la question fait-elle encore débat ?

Je n’y reviendrai jamais au Modem pour trois raisons.
- Je suis convaincue de l’impérieuse nécessité de transformer le modèle économique, de manière réaliste. Or cela échappe à François Bayrou, qui est l’homme le plus conventionnel du champ politique actuel.
- Son management des hommes et des femmes est épouvantable.
- Enfin, on ne peut éternellement être Modem-UMP, sans trancher, sans être clair.

Aujourd’hui, il n’y a pas de centre en France. Jean-Louis Borloo et Hervé Morin font partie de l’offre de droite.

Avec Europe Ecologie, on est passé à côté de la bonne idée. Daniel Cohn-Bendit voulait regrouper toutes les tendances de l’écologie politique. L’appareil des Verts a repris la main, EELV s’est gauchisée. Je n’ai en revanche jamais adhéré à l’idée de Cohn-Bendit de pactiser avec le PS pour la présidentielle. Accréditer l’idée que le PS et l’écologie seraient indissociablement liés est contraire aux intérêts de celle-ci.

Corinne Lepage dans le Journal Sud-Ouest le 23 septembre 2011

Donc si je comprends bien elle crache sur le Modem, EELV, Borloo….elle va vraiment y aller toute seule !! quel dommage elle aurait pu être tellement plus utile dans un parti constitué.