Le Medef doit changer de paradigme

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Le Medef lance son université d’été sur le thème sibyllin de ”2011 villages et planète, objectif B20” Les premières recensions des médias fait doucement rire: “on a besoin de la croissance” ” Il faut réduire les coûts salariaux”, toujours les mêmes rengaines. Sur le programme, on constate que toute l’intelligenstia parisienne s’est rendue disponible pour cet évènement (gaino, fabius, attali, adler, lamy, minc)

Demain à 9h se tiendra dans le “Hall d’honneur” un “débat” (?) sur le thème

‘Lire l’avenir dans le présent’

Vu le prestige des intervenants, je ne doute pas de l’intérêt de la conférence d’autant que la plupart se seront déjà parlé la veille à l’occasion du dîner de l’association “Le siècle” à l’hotel Crillon. Si toutefois ils venaient à cours d’idées (on ne sait jamais) je voudrais leur donner quelques pistes de réflexions.

Tout d’abord pourquoi se priver du passé pour tenter d’expliquer le présent ou d’anticiper l’avenir ? L’étude de l’histoire, même récente, est au contraire riche en enseignement.

En 2007 en pleine campagne présidentielle, Sarkozy lâchait aux cheminots de Seine St Denis: “La croissance, j’irai la chercher avec les dents !” Ce genre d’injonction volontariste fait honneur à l’abnégation des politiques mais fait sourire tant elle paraît anachronique.

5 ans après l’élection de Sarkozy, que reste-t-il de la croissance ? 

Comment expliquer que nos économies soient à ce point moribonde ? Qu’est devenue notre capacité d’innovation et notre force de travail ? Serions nous moins intelligents ou moins entreprenants que nos prédécesseurs ? 

Répondez moi s’il vous plait, dîtes moi, comment vous chefs d’entreprise vous voyez les choses ?

Pour ma part, j’ai l’impression que depuis 40 ans, les Etats ont eut massivement recours aux déficits budgétaires. Ils ont ensuite favorisé l’endettement des administrations, des entreprises puis celui des individus. Toute cette création monétaire a nécessairement permis de maintenir un semblant de croissance mais avec l’éclatement de la bulle du crédit, les économistes ne savent plus à quel saint se vouer. On cherche, en vain, les bonnes nouvelles du côté de l’Asie tandis que le dollar US est sous perfusion et que l’euro est maintenu à bout de bras.

Combien de temps cela va-t-il durer ? 

On aura beau accuser l’impéritie de nos gouvernants, les méfaits de la mondialisation ou le manque d’éthique des traders, ne faudrait-il pas aussi interroger notre propre modèle de développement ?

A - La crise financière que nous vivons est avant tout une crise environnementale

B - Le PIB ne doit pas être le seul horizon de toute la politique. Tout est expliqué dans cet excellent article tiré du cercle des Echos

C - Notre économie ne tient que par la dette

D - Nous sommes drogués aux energies fossiles qui comme beaucoup d’autres matière risquent de venir à manquer d’ici peu de temps

E - A l’heure d’internet et de la télévision, le luxe insolent des pays occidentaux va vitre devenir insupportable à beaucoup de monde. voir le film de Nicolas Hulot

Oui, plus que jamais l’avenir se lit dans le passé. Nous sommes à l’aube d’un nouveau monde, il est temps que les intellectuels de notre pays en prennent tout la mesure.

Arrêtons de penser comme des Dinosaures, la question n’est plus d’avoir à se prononcer pour ou contre la décroissance mais de savoir comment l’anticiper.

PS: si quelques membres du MEDEF devaient lire cet article je leur suggère de méditer l’exemple de Ray Anderson décédé cet été. Ce roi des tapis aux Etats Unis a vécu une “conversion écologique” des plus édifiantes tout en restant à la tête de son entreprise. on le voit dans l’excellent film “The Corporation”

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  1. paulitique a publié ce billet