La dictature idéologique du néo-libéralisme
Dany-Robert Dufour est l’un de ces philosophes de l’ombre dont les sujets de prédilection ne font pas souvent la une des médias. Récemment, il s’est fendu d’une chronique pour évoquer ce qu’il appelle la “crise de la civilisation” le thème n’est pas neuf mais la thèse qu’il défend a des aspects bien séduisants.
En effet, d’après lui, ce qui pousse tout les acteurs de nos sociétés à réagir comme ils le font, c’est lié à l’impérialisme théorique de l’économisme néo-ultralibéral
Nous vivons en quelque sorte dans un nouveau totalitarisme sans le savoir, découlant de l’impérialisme théorique de l’économisme néo et ultralibéral faisant l’impasse sur tous les autres secteurs où les hommes échangent entre eux : qu’il s’agisse des règles pour gouverner la cité, des valeurs dont ils tirent des principes, des discours porteurs de signes à la recherche du sens, des intensités et des flux pulsionnels mis en jeu.
D’après lui, c’est de là que viendrait cette obsession du PIB:
S’il est un symptôme révélant cette réduction de toutes les activités humaines au marché, c’est l’obsession contemporaine pour des indicateurs statistiques comme le PIB ou le PNB,
Peu à peu, l’idéologie ultra-libérale a conquis tout les pans de notre civilisation jusqu’à aboutir à la crise morale, écologique, financière, sociale que nous vivons actuellement.
Après l’impasse du fascisme qui a fait disparaître l’individu dans les foules fanatisées et après celle du communisme qui a interdit à l’individu de parler tout en le collectivisant, est venue celle de l’ultra et du néolibéralisme qui réduit l’individu à son fonctionnement pulsionnel en le gavant d’objets
Et le philosophe de conclure sur la nécessaire réapropriation de l’individu dans la société où l’homme et non plus l’économie, serait au centre des préoccupations.
Il faut se souvenir que la civilisation occidentale a su se sortir de dogmes obscurs en inventant l’esprit de ce qu’on allait connaître ensuite sous le nom de Renaissance. Esprit de l’humanisme qui s’est mis à souffler à Florence à partir du cercle des néoplatoniciens réuni autour de Politien, de Landino, de Pic de La Mirandole et de Marcile Ficin, traducteur de Platon, dans la villa des Médicis où les Leonardo, Brunelleschi et Botticelli étaient invités. Ne pourrait-on mettre à profit la campagne présidentielle qui s’ouvre pour (re)commencer à penser à un avenir possible ?
Je suis très en phase avec ce texte, mais à lire les commentaires laissés sur le site, bien peu de personnes sont d’avis avec le philosophe.
On trouvera sur le même thème cet autre article: http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/27/des-idees-force-pour-eviter-les-impasses-de-la-globalisation_1528141_3232.html
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paulitique a publié ce billet